L'Égypte et Eni lancent la phase 2 de Meleiha.
La facture d'importation de gaz a fortement alourdi les finances publiques égyptiennes, poussant le pays à réduire cette dépendance coûteuse, notamment en sollicitant les compagnies étrangères présentes sur son territoire.
Par : Karim BOUGACI – Photo sélectionnée par : Mayas BOUDARENE.
En Égypte, l'énergéticien italien Eni a annoncé mardi le lancement de la mise en service de la phase 2 de son projet gazier Meleiha, développé dans le désert occidental, avant le démarrage effectif de la production. Agiba Petroleum Company, coentreprise d'Eni et de la compagnie publique égyptienne EGPC, a dirigé ce projet. Celui-ci constitue une étape décisive dans l'établissement d'un nouveau pôle gazier au sein de la concession Merged Meleiha. Il vise à augmenter la production de gaz pour le marché intérieur égyptien. L'installation peut traiter jusqu'à 100 millions de pieds cubes de gaz par jour, soit environ 2,8 millions de mètres cubes. Selon Eni, elle regroupe des puits de développement, des réseaux de collecte, des conduites et un nouveau gazoduc dédié à l'évacuation de la production. Ce démarrage survient alors que l'Égypte traverse une grave crise gazière, avec une production en déclin depuis son pic de 2021, accentuée par la chute du débit du gisement de Zohr. Selon les données publiées en janvier par S&P Global Platts, l'Égypte a atteint un niveau record d'importations de gaz naturel liquéfié en 2025, avec un volume de 9 millions de tonnes. Ses acquisitions pour 2026 devraient connaître une nouvelle progression d'environ 26 %, soutenue par une demande intérieure dynamique. Le Caire intensifie ses efforts pour accroître sa production. À l'occasion de l'assemblée générale d'EGAS, en septembre 2026, le ministère a présenté un bilan faisant état de neuf projets de développement conduits au cours de l'exercice écoulé et de vingt-huit nouveaux puits mis en service, pour un montant total d'investissements s'élevant à 1,12 milliard de dollars. Premier producteur énergétique du pays, Eni s'impose comme un acteur clé de cette relance, avec environ 242 000 barils équivalents pétrole par jour en part propre en 2025, opérant de la Méditerranée au désert occidental. Dans la concession, Eni (76 %) et le russe Lukoil se partagent les parts. L'accord a été prolongé jusqu'en 2036, avec une possible extension, sécurisant l'exploitation à long terme. Meleiha s'inscrit dans les projets d'Eni en Égypte, parmi lesquels le gisement Denise West en Méditerranée, dont la première production est visée sous deux ans.