Congo : Vers une meilleure régulation du commerce du bois.
Le gouvernement congolais a récemment approuvé en Conseil des ministres la création de l'Agence de contrôle des produits forestiers à l'exportation et à l'importation (ACPFEI), qui remplacera le Service de contrôle des produits forestiers à l'exportation (SCPFE).
Par : Youcef MAALLEMI – Photo sélectionnée par : Mayas BOUDARENE.
Pour justifier cette réforme, les autorités invoquent trois raisons : les lacunes du dispositif actuel, l'évolution de la réglementation forestière et la nécessité de renforcer les exigences de légalité et de durabilité dans le commerce du bois. « Le service de contrôle des produits forestiers à l'exportation (SCPFE) a montré quelques faiblesses et doit être réformé, du fait de l'entrée en vigueur du nouveau Code forestier », souligne le compte rendu du Conseil des ministres. Ce dernier précise que le projet de loi sera transmis au Parlement pour examen et adoption. Le 30 septembre 2026, le CAD a saisi la HALC pour dénoncer les difficultés d'application de l'interdiction prévue à l'article 97 du Code forestier de 2020. Selon l'ONG, ce contournement prive l'État de recettes et l'économie d'emplois liés au bois. La HALC a chargé son département des investigations de travailler avec le CAD sur ce dossier. La place prépondérante des grumes dans les exportations témoigne de l'ampleur considérable des défis à relever. D'après les données recensées par le Conseil congolais des chargeurs, ce pays d'Afrique centrale a exporté 764 411,87 m³ de bois en 2025, dont 58,31 %, soit près de 446 000 m³, se présentaient sous forme de grumes. Une telle proportion met en évidence la nécessité impérieuse de renforcer la surveillance des flux commerciaux et d'encourager la valorisation locale de la filière. La réforme s'inscrit aussi dans un contexte de retards dans l'application de l'Accord de partenariat volontaire (APV-FLEGT) entre le Congo et l'UE. Dans une lettre du 10 septembre 2026, les acteurs de cet accord ont appelé à accélérer les réformes, notamment l'adoption des textes d'application du Code forestier et le financement du système de vérification de la légalité (SIVL).