ZLECAf : près de 8 jeunes sur 10 méconnaissent encore le marché unique africain.

 


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La ZLECAf, projet d'intégration économique le plus ambitieux du continent depuis la création de l'UA, tient encore difficilement ses promesses. Les premiers échanges commerciaux ont bien débuté, mais leur déploiement reste inégal d'un pays à l'autre, entravé par des obstacles réglementaires et logistiques. À cela s'ajoute un manque de visibilité auprès du grand public, notamment des jeunes, pourtant appelés à jouer un rôle clé dans l'essor de l'entrepreneuriat régional.

Par : Youcef MAALLEMI – Photo sélectionnée par : OUAZANI Nadjia.

L'Union africaine (UA) n'a jamais autant séduit la jeunesse du continent : 96 % d'opinions positives, soit 13 points de plus qu'en 2024. Pourtant, son principal outil économique, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), demeure inconnu des premiers utilisateurs visés. C'est ce que révèle l'AfricanYouth Survey 2026, enquête biennale publiée le mercredi 29 juillet par la fondation sud-africaine IchikowitzFamily. Le cabinet PSB Insights l'a conduite en mars auprès de 4 901 jeunes de 18 à 24 ans, interrogés en face-à-face dans 16 pays africains, du Liberia à la Zambie. Seuls 22 % déclarent connaître la ZLECAf — un chiffre stable depuis 2022.La moyenne dissimule toutefois des disparités significatives. La notoriété atteint son niveau le plus élevé au Liberia, avec 39 %, et au Ghana, avec 35 % — deux pays pour lesquels l'accord revêt une dimension concrète : Accra abrite son secrétariat, tandis que Monrovia a mis en place son dispositif national de mise en œuvre. À l'opposé, la République démocratique du Congo n'enregistre qu'un taux de 14 %, en dépit d'un marché de plus de 100 millions d'habitants et d'une position frontalière avec neuf pays. Le Kenya et la Zambie affichent quant à eux des résultats à peine supérieurs, à 15 %.La corrélation s'avère aussi simple qu'elle est saisissante : dans les pays où les États ont su rendre l'accord visible, les jeunes en ont connaissance. Là où il est demeuré cantonné aux arcanes administratifs, il ne suscite guère d'écho. Or la connaissance conditionne l'adhésion. Parmi les 22 % de jeunes qui connaissent le dispositif, 69 % estiment qu'il aura un impact économique positif sur leur pays, dont 31 % le jugent très positif. Les plus confiants sont les jeunes Rwandais, à 87 %, et Ghanéens, à 86 %, suivis des Libériens, à 83 %. Les plus réservés se trouvent en République du Congo et au Tchad, à 51 %, une proportion qui demeure néanmoins majoritaire. Ces résultats corroborent le constat établi par la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique dans son Rapport économique sur l'Afrique 2025, cité par l'enquête : le potentiel de transformation de l'accord est bien réel, mais sa notoriété comme sa mise en œuvre restent marquées par de fortes disparités selon les pays.

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