Une date
est désormais connue. Depuis avril, la raffinerie de Lekki visait environ 5
milliards USD pour une valorisation proche de 40 milliards. Seul le calendrier
faisait défaut. Dangote Petroleum Refinery&Petrochemicals a déposé son
dossier auprès de la Securities and Exchange Commission nigériane, qui devrait
donner son feu vert dans les prochaines semaines.
Par :
Youcef MAALLEMI et BOULAKDEM Chabane – photo sélectionnée par : OUAZANI
Nadjia.
Ce calendrier diffère sensiblement de celui annoncé au printemps. Une introduction en bourse sur le compartiment principal de la Bourse de Lagos avait alors été envisagée pour juin ou juillet, et l'ouverture de l'offre anticipée pour le milieu de l'année. Il s'agit donc d'un décalage d'environ un trimestre pour une opération dont la préparation s'étend déjà sur plus d'un an. Concrètement, si le régulateur accorde son visa en septembre, il ne subsisterait que quelques semaines entre la publication de la note d'information — ce document qui présente aux investisseurs les états financiers, les facteurs de risque et le prix des actions — et la clôture des souscriptions. Une fenêtre particulièrement étroite pour ce qui constituerait la plus grande opération jamais réalisée sur le continent africain.C'est précisément là que ce calendrier revêt une dimension politique. AlikoDangote ambitionne une opération à envergure panafricaine, et les Bourses d'Afrique du Sud, du Kenya, d'Égypte, du Ghana et du Rwanda se succèdent depuis plusieurs mois dans des rencontres avec ses conseillers. Le Kenya serait en mesure d'absorber jusqu'à 500 millions USD, l'appétit des fonds de pension y étant jugé particulièrement significatif. Aucune double cotation n'est cependant envisagée à ce stade. Les actions ne pourront pas être acquises directement à Nairobi ou à Johannesburg. Les places financières intéressées devront concevoir des instruments de substitution — des certificats de dépôt, par exemple —, ces titres qui répliquent le cours de l'action nigériane et confèrent un droit aux dividendes sans en constituer l'action à proprement parler. Ces véhicules financiers restent à élaborer, à soumettre à l'approbation de chaque autorité de régulation nationale, puis à commercialiser. Le tout en quelques semaines. « L'objectif est de structurer une introduction en Bourse à dimension panafricaine », avait déclaré Frank Mwiti, Directeur général de la Bourse de Nairobi, à l'issue de discussions tenues à Lagos. La répartition des allocations entre pays, la question d'une garantie de placement ainsi que les modalités de souscription feront l'objet de décisions ultérieures.