Le Ghana perd du terrain sur le marché du bois, tandis que l'Europe demeure son principal débouché

 

Le Ghana perd du terrain sur le marché du bois, tandis que l'Europe demeure son principal débouché.


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Dans ses relations commerciales avec l'Europe, le Ghana a accompli une avancée décisive. Après seize années de réformes, il est devenu le premier pays africain — et le deuxième au monde après l'Indonésie — à délivrer des licences attestant la légalité et la traçabilité du bois exporté vers l'UE. Les produits ainsi certifiés accèdent au marché européen sans procédures supplémentaires de diligence renforcée.

Par : Ghiles BABA et Youcef MAALLEMI. 

L'Europe reste l'un des grands marchés mondiaux pour le bois tropical, dont l'usage s'étend de la construction à l'ameublement, en passant par l'aménagement extérieur. Une partie de ces approvisionnements est assurée par des pays d'Afrique de l'Ouest, parmi lesquels le Ghana occupe une place notable. Toutefois, le ralentissement de la demande européenne fragilise davantage un secteur forestier ghanéen déjà en difficulté. D'après un rapport publié par la TimberIndustryDevelopment Division (TIDD), les exportations ghanéennes de produits forestiers ont atteint en 2025 leur niveau le plus faible depuis six ans. Sur la scène internationale, l'Europe, bien que confrontée à une concurrence croissante d'autres régions, demeure un débouché incontournable pour le Ghana.En 2025, le Ghana a exporté 217 000 mètres cubes de bois et de produits dérivés, pour des recettes de 98,38 millions d'euros. Les volumes ont reculé de 20 % et les recettes de 21 % par rapport à 2024. L'Asie domine largement les débouchés avec 63 % des exportations. L'Europe occupe la deuxième place avec 17 %, devant l'Afrique (13 %). Les Amériques et le Moyen-Orient ne captent que des parts marginales. Le bois scié séché à l'air constitue le principal produit exporté. Le bois scié séché au four, le contreplaqué et les billes complètent l'essentiel des flux. Les essences exportées comprennent notamment le teck, le wawa et l'eucalyptus, valorisés sur des segments à forte valeur ajoutée. 

                                                     Recul observé

Le recul constaté en 2025 s'inscrit dans une tendance baissière amorcée depuis plusieurs années. Après une progression soutenue à partir de 2020, les exportations avaient atteint leur point culminant en 2022, à 343 000 m³, pour une valeur excédant 153 millions d'euros. Le retournement de tendance est intervenu dès 2023, avec un repli d'environ 15 %, suivi d'un fléchissement continu jusqu'à la fin de l'année 2025.tendance est intervenu dès 2023, avec un repli d'environ 15 %, suivi d'un fléchissement continu jusqu'à la fin de l'année 2025.Le rapport du TIDD n'explique pas les causes de cette contre-performance. Elle survient pourtant dans un contexte international défavorable. Selon l'Organisation internationale des bois tropicaux, les importations de bois tropicaux par l'Union européenne ont reculé de 18 % en volume en 2023. Ce recul touche l'ensemble des pays fournisseurs : les producteurs africains, parmi lesquels le Congo, le Liberia, le Cameroun ou la RDC, comme ceux d'Amérique latine. Parmi les facteurs avancés figurent la stagnation économique en Europe et l'érosion du pouvoir d'achat, qui ont pesé sur les secteurs utilisateurs, en particulier la construction. La plateforme spécialisée Global Wood signale également un ralentissement plus large de la demande mondiale. « La demande mondiale reste atone : entre le ralentissement persistant de la Chine, la concurrence des résineux brésiliens et la stagnation du marché européen, les producteurs africains font face à un faisceau de facteurs qui freine collectivement la croissance de leurs exportations », indiquait-elle dans une analyse publiée fin 2025.

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