Numérisation agricole : le Tchad souhaite s'approprier le modèle nigérien.

 

Numérisation agricole : le Tchad souhaite s'approprier le modèle nigérien.

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En Afrique, la numérisation des services agricoles stimule la productivité et renforce la résilience face aux défis climatiques et économiques. Le Tchad souhaite s'inspirer des modèles voisins pour accélérer sa propre transition numérique.

Par : Youcef MAALLEMI . Photo sélectionnée par : Mouloud CHIKH.

Le Tchad souhaite accélérer la transformation numérique de son secteur agricole. À cette fin, une délégation de l'Agence nationale d'appui au développement rural (ANADER), conduite par son directeur général Hissein Youssouf Galmaye, séjourne à Niamey depuis le mardi 30 juin. Elle y examine plusieurs outils numériques développés par le Niger pour moderniser ses services agricoles. Le Programme de résilience du système alimentaire (PRSA-TD), financé par la Banque mondiale, soutient cette mission. Les échanges portent notamment sur le centre d'appel agricole du Réseau national des chambres d'agriculture du Niger (RECA) et sur le système de bons électroniques (e-voucher), qui permet de distribuer des intrants agricoles aux producteurs. Les autorités tchadiennes souhaitent s'inspirer de ces outils pour atteindre plusieurs objectifs : renforcer les services de conseil agricole, faciliter l'accès des exploitants aux semences et aux engrais, améliorer le suivi des exploitations et accroître la transparence dans la gestion des subventions. Cette démarche prolonge un mouvement déjà amorcé au Tchad. Depuis plusieurs années, le pays expérimente la numérisation des services agricoles grâce à un centre d'appel créé dans le cadre du Projet de renforcement de la résilience climatique et de la productivité agricole (ProPAD). La Banque mondiale indique que ce dispositif a déjà traité plus de 118 000 appels émanant de plus de 30 000 producteurs répartis dans plusieurs provinces. Couplé à un système de bons électroniques, il améliore la diffusion des conseils agricoles et sécurise la distribution des semences et autres intrants. Les enjeux pour le Tchad sont considérables. L'agriculture représente l'une des premières sources de revenus des Tchadiens et un pilier de la sécurité alimentaire nationale. Les autorités investissent massivement pour améliorer la productivité et la résilience des exploitations. Dans ce cadre, le Programme de résilience du système alimentaire dispose d'un financement de 21,6 millions de dollars pour renforcer les capacités nationales. D'autres projets, portés par la Banque mondiale et ses partenaires, visent à moderniser les chaînes de valeur agricoles et les services aux producteurs. La délégation se rendra ensuite au Bénin dès le 7 juillet pour étudier d'autres expériences de digitalisation des services agricoles. L'ANADER souhaite ainsi adapter les meilleures pratiques régionales aux réalités tchadiennes et faire du numérique un vecteur d'amélioration de la productivité, de la sécurité alimentaire et de la modernisation du secteur rural.

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