En 2025, le Sénégal a
importé du riz pour une valeur de 336,7 milliards de Fcfa (590 millions $),
soit une hausse de 6,8 % par rapport à l'année précédente. L'Agence nationale
de la statistique et de la démographie (ANSD) a publié ces chiffres fin
juillet.
Par. GUEZOUI Arezki – photo,
sélectionnée par : OUAZANI Nadjia.
Cette enveloppe est la deuxième plus importante jamais consacrée par la deuxième économie de l'UEMOA à ses achats de riz sur le marché international depuis 2015, après le record absolu de 346,7 milliards Fcfa (610 millions $) atteint en 2022. Selon l'organisme public, le volume des importations a atteint 1,47 million de tonnes en 2025, contre 1,38 million de tonnes un an plus tôt, ce qui constitue également le deuxième niveau le plus élevé de l'histoire du pays. Depuis 2015, les achats de riz du Sénégal ont progressé de près de 50 % en volume et de 73 % en valeur, partant de 989 549 tonnes et de 194,6 milliards Fcfa (342 millions $).Cette augmentation des importations de riz est survenue dans un contexte particulièrement difficile pour la filière rizicole locale sénégalaise, qui faisait face à d'importants problèmes d'écoulement. En novembre 2025, le gouvernement sénégalais a mis en place, en concertation avec les acteurs de la filière, une suspension temporaire d'un mois des Déclarations d'Importation de Produits Alimentaires (DIPA) portant sur le riz, dans le but de mieux réguler le marché et de faciliter l'écoulement des stocks locaux.Cette décision faisait suite à l'alerte lancée en octobre par les riziculteurs de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal. Ces derniers craignaient que près de 195 000 tonnes de paddy et de riz usiné, issus de la campagne 2025, ne trouvent pas preneurs, face à la forte concurrence du riz importé. La mesure a été bien reçue, mais elle n'a pas résolu le problème de la commercialisation du riz local. Les autorités ont donc annoncé d'autres dispositions au cours de l'année. En mars 2026, elles ont accordé une subvention de 50 Fcfa par kilogramme et fixé un prix d'achat du riz local, afin de protéger les marges des riziers et d'accélérer l'écoulement des récoltes.