Le Mozambique accueille plus de 50 milliards de dollars de
mégaprojets gaziers. Les entreprises locales y voient une occasion historique,
mais elles doivent atteindre un niveau de compétitivité que la plupart n'ont
pas encore acquis.
Par :
Chabane BOULAKDEM et Arezki GUEZOUI
Les
mégaprojets gaziers du Mozambique constituent une opportunité historique pour
le secteur privé local, mais celle-ci ne se décrète pas. Marica Calabrese
(photo), directrice générale d'Eni au Mozambique, a adressé ce message mercredi
15 juillet aux entrepreneurs mozambicains réunis à Maputo pour clore la 21ème
édition de la Conférence annuelle du secteur privé (CASP).
Elles
ne peuvent pas se contenter de réclamer des lois pour décrocher des contrats
avec des opérateurs internationaux. Chaque entreprise doit se renforcer pour
rester compétitive », a déclaré Calabrese lors d'un panel dédié à
l'industrialisation et au contenu local. Elle a ajouté que les opportunités
générées par les mégaprojets en cours « ne surgissent pas du jour au lendemain
» : elles exigent du temps, des investissements et des efforts de la part de
tous les acteurs — l'État, les opérateurs et le secteur privé mozambicain
Ces contrats s'inscrivent dans un ensemble de mégaprojets dont la valeur totale dépasse 50 milliards de dollars, selon les données présentées lors de la conférence. Depuis 2022, Eni produit du gaz naturel liquéfié (GNL) grâce au navire flottant Coral Sul, ancré au large de la province de Cabo Delgado, dans le nord du pays. Dès 2028, la mise en service de Coral Norte doublera cette capacité. Cet investissement de 7,2 milliards de dollars a reçu son approbation finale en octobre 2025 ; un troisième navire de production est par ailleurs envisagé. Le ministre a réclamé des mécanismes plus concrets pour rapprocher les institutions financières des projets disponibles. Il a également plaidé pour des partenariats entre entreprises nationales et internationales, à même de favoriser un véritable transfert de connaissances et de technologies. Ces prises de position surviennent quelques semaines après la promulgation, en juin, d'une loi sur le contenu local par le président Daniel Chapo. Ce texte impose une participation accrue des entreprises mozambicaines dans les mégaprojets. Pour Calabrese, cette loi constitue une condition nécessaire, mais insuffisante. Le véritable enjeu réside dans la capacité des entreprises mozambicaines à livrer dans les délais, aux normes et aux prix qu'exigent les opérateurs internationaux pour des projets de cette envergure.