« Norvège –Algérie : Une relation de confiance
tournée vers l’avenir. »
À
l’heure de quitter mes fonctions d’ambassadeur de Norvège en Algérie, je mesure
combien la relation entre nos deux pays s’est construite sur la confiance, le
respect mutuel et une volonté commune de regarder vers l’avenir.
Par : SEM Therese Løken Gheziel, Ambassadrice de la Norvège en Algérie.
La Norvège et l’Algérie sont deux pays que la géographie place aux extrémités de l’Europe et de l’Afrique du Nord, mais que de nombreux intérêts rapprochent. Nos sociétés ont des histoires différentes, des trajectoires propres et des réalités distinctes. Pourtant, au fil des années, j’ai pu constater combien le dialogue entre Oslo et Alger repose sur des bases solides : une écoute réciproque, une approche pragmatique de la coopération et un profond respect de la souveraineté et des choix de chacun.
Cette relation n’est pas seulement institutionnelle. Elle est aussi faite de rencontres, d’échanges francs, de conversations parfois exigeantes, mais toujours marquées par le sérieux et la confiance. Même lorsque nos analyses ne sont pas identiques sur toutes les questions internationales, la qualité du dialogue permet d’avancer, de mieux se comprendre et d’identifier des terrains communs. Dans un monde marqué par les tensions, les crises et les incertitudes, cette capacité à dialoguer avec respect est précieuse.
La Norvège et l’Algérie partagent un attachement au droit international, au multilatéralisme et à la recherche de solutions pacifiques aux différends. Ces principes ne sont pas abstraits. Ils constituent le socle d’un ordre international dans lequel les États, grands ou petits, doivent pouvoir faire entendre leur voix et défendre leurs intérêts dans un cadre fondé sur des règles communes.
L’énergie occupe naturellement une place centrale dans notre coopération. La Norvège et l’Algérie sont toutes deux des pays producteurs, dotés d’une longue expérience, d’un haut niveau de compétence technique et d’une responsabilité particulière dans un contexte mondial où la sécurité énergétique et la transition climatique doivent être pensées ensemble. Les liens entre les acteurs norvégiens et algériens du secteur, notamment entre Equinor et Sonatrach, illustrent une coopération de long terme, professionnelle et mutuellement bénéfique.
Mais le potentiel de notre relation dépasse le seul domaine énergétique. Le climat, les technologies, les énergies renouvelables, le commerce, les investissements, la formation et les échanges institutionnels offrent de nouvelles perspectives. Les rencontres économiques, les visites de délégations et les contacts réguliers entre institutions témoignent d’une volonté commune d’élargir cette coopération. C’est dans cette combinaison entre continuité et ouverture que réside, à mes yeux, l’avenir du partenariat algéro-norvégien.
Au-delà des dossiers politiques et économiques, ce sont les liens humains qui donnent à cette relation sa profondeur. Partout en Algérie, j’ai rencontré des interlocuteurs compétents, engagés, ouverts au dialogue et animés par une réelle volonté de coopération. J’ai été profondément touchée par l’accueil réservé aux représentants de la Norvège, par la disponibilité des autorités, des institutions, des partenaires économiques, de la société civile et du corps diplomatique.
Ces contacts ont donné à mon mandat une dimension à la fois professionnelle et personnelle. Ils m’ont permis de mieux comprendre la richesse, la complexité et la force de l’Algérie : son histoire, sa diversité régionale, sa culture, son identité et l’énergie de sa population. Voyager dans différentes régions du pays, écouter, observer et échanger m’a convaincue que la relation entre nos deux pays repose aussi sur une curiosité réciproque et sur un respect humain qui ne se décrète pas, mais se construit avec le temps.
Je quitte mes fonctions avec une grande reconnaissance. Reconnaissance pour l’amitié, l’attention et la confiance dont j’ai bénéficié. Reconnaissance aussi pour les nombreuses conversations qui ont nourri ma compréhension de ce pays et de la région. L’Algérie est un pays qui marque celles et ceux qui prennent le temps de l’écouter. Elle m’a marquée par la force de son histoire, par la beauté de ses paysages, par la richesse de sa culture et par la chaleur de son hospitalité.
À l’heure où mon mandat s’achève, je pars avec confiance dans l’avenir des relations entre la Norvège et l’Algérie. Les bases sont solides, la dynamique est positive et le potentiel reste considérable. Il appartient désormais à nos institutions, à nos entreprises, à nos partenaires et à nos sociétés de continuer à faire vivre cette relation, avec ambition, patience et pragmatisme. Pour ma part, je garderai un attachement sincère et durable à l’Algérie. Je continuerai à suivre avec beaucoup d’intérêt et d’amitié le développement de ce grand pays et l’évolution de la relation entre Alger et Oslo. Car au-delà des fonctions officielles, certaines rencontres laissent une trace. L’Algérie en fait partie.
Sincèrement, Therese Løken Gheziel.