L'Union européenne s'apprête à renforcer la défense commune en finançant des projets d'une valeur de 150 milliards d'euros.
Les ministres
des Finances des États membres de l'Union européenne se sont engagés à examiner
la proposition de la Commission européenne visant à mobiliser environ 150
milliards d'euros (163 milliards de dollars américains), garantis par le budget
de l'UE, afin d'octroyer des prêts aux gouvernements pour des projets de
défense communs.
Par : Mouloud CHIKH.
Cet accord a été conclu lors d'une réunion des ministres des Finances des 27 États membres de l'UE, qui s'est tenue à Bruxelles, en Belgique, ces deux derniers jours. La réunion a porté sur le financement des projets de défense par le biais d'emprunts communs et sur le renforcement du rôle de la Banque européenne d'investissement. Des décisions sont attendues en juin. L'Union européenne a indiqué sur son site internet officiel que la proposition de la Commission européenne d'octroyer des prêts aux gouvernements pour des projets de défense communs avait reçu un soutien rapide de l'Allemagne. Pour sa part, le ministre polonais des Finances, Andrzej Dumanski, qui présidait les discussions, a déclaré que la réunion confirmait la volonté politique absolue de responsabiliser davantage l'Europe en matière de sécurité et de trouver les fonds nécessaires à un réarmement massif du continent. Le ministre allemand des Finances, Jörg Kukies, a affirmé : « L'Allemagne est ouverte à une solution, et nous l'avons explicitement soutenue : tout projet de défense européen authentique doit faire l'objet d'un financement conjoint. » Le ministre français des Finances, Éric Lombard, a souligné qu'il était essentiel que ces fonds servent à l'acquisition de produits européens, condition indispensable à l'indépendance stratégique.
L’utilisation des fonds de cohésion de l'UE pour financer des projets à double usage.
Dans ce contexte, l'Union européenne a expliqué que les ministres ont également évoqué l'utilisation des fonds de cohésion de l'UE pour financer des projets à double usage bénéficiant à la fois aux civils et aux militaires, ainsi qu'une nouvelle politique de prêt pour la Banque européenne d'investissement (BEI), une banque détenue par les gouvernements européens, afin d'élargir la gamme de projets qu'elle peut financer et d'accroître le montant des fonds disponibles. Elle a ajouté que la modification des règles budgétaires de l'UE a également été abordée afin d'accorder aux États membres une plus grande marge de manœuvre budgétaire et de supprimer les obstacles aux dépenses de l'UE. La Commission a proposé d'autoriser les 27 États membres de l'UE à augmenter leurs dépenses de défense de 1,5 % du PIB par an pendant quatre ans sans déclencher de mesures disciplinaires au titre des règles d'endettement de l'UE, qui constituent le fondement de l'euro. Il a noté que les discussions ont également porté sur l'élargissement de la définition actuelle des dépenses de défense, qui ne comprend pour l'instant que les équipements militaires. Les règles en vigueur n'incluent pas dans les dépenses de défense la construction d'usines de munitions ni la modernisation des routes et des ponts pour permettre le passage des chars, et de nombreux gouvernements souhaitent modifier cette définition. Ces discussions ministérielles ont fait suite à une réunion des dirigeants de l'UE, jeudi dernier, après que le président américain Donald Trump a gelé l'aide militaire américaine à Kiev et a émis des doutes quant à l'engagement de Washington envers ses alliés européens.