« Nous souhaitons que ce Congrès soit l’occasion pour l’Afrique de parler d’une seule voix et de démontrer au monde qu’elle est prête à gérer ses ressources en eau et en assainissement »
Son parcours professionnel s’inscrit dans une trajectoire de service public guidée par l’exigence de performance, de rigueur et de transparence. Inspecteur principal des Impôts de formation, il a construit une solide expertise dans la gestion des finances publiques, la gouvernance administrative et le pilotage des organisations complexes. Avant d’être appelé à diriger la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), il a exercé des responsabilités de premier plan, notamment en qualité de Secrétaire général de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT), puis de Directeur des Affaires générales au Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative. Ces expériences transversales ont forgé une vision managériale structurée, fondée sur le Management par Objectifs (MPO), qu’il a mets aujourd’hui au service de la modernisation du secteur de l’eau, conçu comme un levier stratégique de développement durable pour le Cameroun. Dans cet entretien accordé à Le Courrier d’Afrique 54, Dr Blaise MOUSSA, President de l’aaea et president du 23e congrés de l’aaea, revient en détail sur les objectifs de cette 23e édition du Congrés sur l'eau et de l'assainissement qui se tiendra du 9 au 13 février 2026 à Yaoundé, au Cameroun.
Entretien réalisé par : Youcef MAALLEMI
(maallemi-youcef@lecourrierdafrique54.com)
Le
Courrier d’Afrique 54 : En votre qualité de Directeur Général, pouvez-vous
nous présenter l'Association Africaine de l'Eau et d'Assainissement
(AAEA)?
Dr
Blaise MOUSSA : L’Association
Africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) est l’organisation
panafricaine de référence et la voix fédératrice du secteur de l’eau et de
l’assainissement en Afrique. Fondée en 1980, elle rassemble aujourd’hui plus de
150 sociétés et plus de 300 membres répartis dans 45 pays, issus des secteurs
public et privé, des institutions, du monde académique ainsi que des
partenaires techniques et financiers. Véritable plateforme d’excellence et
d’influence, l’AAEA agit comme un catalyseur de transformation en favorisant le
renforcement des capacités, la diffusion de l’innovation, le partage structuré
des connaissances et le plaidoyer stratégique pour des politiques publiques
performantes et inclusives. À travers ses programmes techniques, ses
partenariats internationaux et l’organisation de grands rendez-vous
continentaux, dont son Congrès international et exposition, l’AAEA joue un rôle
clé dans l’accélération de l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable
n°6 et dans la promotion de services d’eau et d’assainissement durables,
résilients et accessibles à tous sur le continent africain.
Le
Courrier d’Afrique 54 : La 23e édition du congrès de l'eau et de
l'assainissement aura lieu du 9 au 13 février 2026 dans la capitale
camerounaise « Yaoundé ». Pouvez-vous nous parler de ce congrès ? Comment se
déroulent les préparatifs et quels sont les défis attendus ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le
Congrès international et exposition de l’AAEA, Yaoundé 2026, prévu du 9 au 13
février 2026 à Yaoundé, au Cameroun, s’annonce comme un événement continental
majeur pour l’avenir du secteur. Ayant reçu l’onction du Chef de l’État, Son
Excellence Paul Biya, Président de la République du Cameroun, ce rendez-vous de
haut niveau se positionne comme le « Sommet de l’Olympe » de l’eau et de
l’assainissement en Afrique, tant par son ambition que par la qualité des
acteurs mobilisés. Placée sous le thème « Eau et Assainissement pour
tous : des actions fortes pour l’Afrique », cette édition vise à impulser
des réponses concrètes aux défis climatiques, démographiques, financiers et
institutionnels du continent. L’événement réunira plus de 3 000 participants et
plus d’une centaine d’exposants internationaux, faisant de Yaoundé une tribune
exceptionnelle de dialogue, d’innovation et de décision. Les préparatifs
avancent de manière rigoureuse, en partenariat étroit avec le Gouvernement
camerounais, les opérateurs du secteur et les partenaires techniques et
financiers. Les principaux défis portent sur la mobilisation des ressources, la
coordination des parties prenantes et la traduction des échanges en engagements
opérationnels. Le Congrès de Yaoundé 2026 ambitionne ainsi de dépasser le cadre
du débat pour devenir un véritable catalyseur d’actions durables en faveur de
l’ODD 6 en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Quelles sont les nouveautés de cette édition par
rapport à l'édition précédente? À quoi peuvent s'attendre les participants
pendant les 5 jours que vont durer le congrès ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le
programme du Congrès international et exposition de l’AAEA est conçu comme une
plateforme innovante, inclusive et orientée vers l’action, combinant réflexion
stratégique, échanges d’expériences et solutions concrètes pour le secteur de
l’eau et de l’assainissement en Afrique. Il s’articule autour de sessions
plénières de haut niveau réunissant décideurs politiques, dirigeants
d’institutions, partenaires financiers et leaders du secteur, ainsi que d’un
programme scientifique et technique riche, composé de panels, d’ateliers
spécialisés et de tables rondes. L’édition de Yaoundé se distingue par des
innovations majeures, notamment le Village de l’Innovation, dédié aux start-ups
africaines, le Forum des Maires, qui met en avant le rôle clé de la
décentralisation, et le Forum de la Société civile, reconnaissant la
participation citoyenne comme un levier essentiel de performance des services
publics. Les participants bénéficieront d’une immersion complète entre sessions
scientifiques de haut niveau et une exposition technologique de classe
mondiale. Ensemble, ces composantes font du Congrès AAEA de Yaoundé un
rendez-vous stratégique incontournable pour co-construire l’avenir des services
d’eau et d’assainissement en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : "Eau et assainissement pour tous : Des actions
fortes pour l'Afrique" pourquoi le choix de ce thème ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le choix
du thème « Eau et assainissement pour tous : des actions fortes pour l’Afrique
» répond à une urgence à la fois sociale, économique et environnementale.
Malgré les engagements internationaux et les progrès enregistrés, des millions
d’Africains restent encore privés d’un accès sûr et durable à l’eau potable et
à des services d’assainissement adéquats. Ce thème traduit la volonté de
dépasser le stade des diagnostics et des intentions pour entrer résolument dans
une logique d’actions concrètes, mesurables et transformatrices. Il met
l’accent sur l’universalité de l’accès, en cohérence avec l’Objectif de
Développement Durable n°6, tout en reconnaissant la spécificité des défis
africains : croissance démographique rapide, urbanisation accélérée,
vulnérabilité climatique, contraintes financières et gouvernance des services.
En appelant à des « actions fortes », le Congrès invite les décideurs
politiques, les opérateurs, les collectivités locales, le secteur privé et la
société civile à renforcer leurs engagements, à innover et à coopérer pour
transformer durablement les systèmes d’eau et d’assainissement au service du développement,
de la santé publique et de la dignité humaine en Afrique.
Le Courrier d’Afrique 54 : Pouvez-vous déjà nous dévoiler, en exclusivité, le nom de certaines personnalités qui participeront à ce congrès ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le
Congrès international et exposition de l’AAEA réunira un plateau de
personnalités de tout premier plan, à la hauteur des enjeux stratégiques de
l’eau et de l’assainissement en Afrique. Sans tout dévoiler, la participation
de nombreux acteurs majeurs du secteur de l’eau sur le continent est attendue,
notamment des dirigeants de la Banque Africaine de Développement (BAD), de la
Banque mondiale, ainsi que de plusieurs ministres venus de différents pays
africains en charge de l’eau, de l’assainissement, de l’environnement, des
finances et de la décentralisation. Le Congrès accueillera également des
responsables et dirigeants des sociétés en charge de la gestion de l’eau et de
l’assainissement en Afrique, aux côtés de représentants d’organisations
panafricaines et internationales, d’agences des Nations Unies et de partenaires
techniques et financiers. Des experts de renommée mondiale, des chercheurs,
ainsi que des PDG de grands groupes industriels et des leaders du secteur privé
manifestent déjà, au quotidien, un vif intérêt pour cet événement. Cette
diversité et ce niveau de représentation confèrent au Congrès AAEA un caractère
exceptionnel, faisant de Yaoundé une véritable plateforme de dialogue, de
décision et d’engagement pour l’avenir des services d’eau et d’assainissement
en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : En quoi ce congrès est utile pour les exposants et
pour les visiteurs ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le
Congrès international et exposition de l’AAEA offre une valeur ajoutée
stratégique majeure tant pour les exposants que pour les visiteurs. Pour les
exposants, il constitue une vitrine continentale de premier plan permettant de
présenter innovations, technologies et savoir-faire à un public hautement
qualifié composé de décideurs politiques, de dirigeants d’opérateurs, d’experts
techniques et de partenaires financiers. Il favorise la visibilité
institutionnelle, le positionnement sur les marchés africains, le développement
de partenariats commerciaux et techniques, ainsi que l’identification
d’opportunités concrètes de projets et d’investissements. Pour les visiteurs,
le Congrès est un espace unique d’apprentissage et d’inspiration, offrant un
accès direct aux meilleures pratiques, aux solutions éprouvées et aux tendances
émergentes du secteur. Les échanges avec les exposants, la participation aux
sessions scientifiques et aux forums thématiques permettent d’enrichir les
connaissances, de renforcer les capacités et de nourrir la prise de décision. En
réunissant exposition technologique, débats de haut niveau et réseautage ciblé,
le Congrès AAEA crée un environnement propice à l’innovation, à la coopération
et à l’impact durable pour l’ensemble des acteurs du secteur de l’eau et de
l’assainissement en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Quelles sont les parties prenantes dans
l'organisation de ce congrès?
Dr
Blaise MOUSSA : L’organisation
du Congrès international et exposition de l’AAEA repose sur une synergie
institutionnelle forte entre plusieurs parties prenantes clés, chacune assumant
un rôle stratégique et complémentaire. L’AAEA assure la direction stratégique
du Congrès, en définissant la vision, les orientations thématiques, le
programme scientifique et la mobilisation des acteurs africains et
internationaux du secteur de l’eau et de l’assainissement. L’État du Cameroun,
en sa qualité de pays hôte, garantit la souveraineté institutionnelle,
l’accompagnement politique et le soutien logistique, créant ainsi un cadre
favorable à la tenue d’un événement de portée continentale. La CAMWATER,
opérateur national de l’eau, intervient comme hôte opérationnel, en appui à
l’organisation pratique, à la coordination locale et à la valorisation de
l’expertise camerounaise dans le secteur. Enfin, les partenaires financiers et
agences de coopération internationale jouent un rôle déterminant dans l’appui
technique, financier et stratégique, contribuant à la qualité des échanges, à
la réussite de l’événement et à la mise en œuvre des recommandations issues du
Congrès.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Quelle évaluation faites-vous de la 22e édition ?
Considérez-vous cette manifestation comme un succès ?
Dr
Blaise MOUSSA : La 22ᵉ édition du Congrès international et exposition de
l’AAEA, tenue en février 2023 à Kampala, a constitué un succès majeur en termes
de mobilisation des acteurs africains et internationaux du secteur de l’eau et
de l’assainissement. Elle a permis de consolider la gouvernance de
l’Association et de stabiliser les réformes engagées, renforçant ainsi son
positionnement continental. Toutefois, l’édition de Yaoundé 2026 ambitionne
d’aller plus loin en intégrant davantage la dimension technologique et en
favorisant un engagement accru des investisseurs privés. L’objectif est de
transformer le Congrès en une plateforme d’innovation, de partenariats et
d’investissements structurants au service du développement durable du secteur
en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Comment assurer la réussite de ce congrès en 2026 ?
Dr
Blaise MOUSSA : La
réussite du Congrès international et exposition de l’AAEA en 2026 repose sur
une structuration claire autour de trois segments stratégiques et
complémentaires. Le segment évènementiel constitue le socle de l’organisation.
Il englobe une logistique irréprochable couvrant le transport, l’hébergement,
l’accueil protocolaire et la sécurité des participants, mais également la forte
implication des médias nationaux et internationaux. Cette mobilisation
médiatique est essentielle pour assurer la visibilité du Congrès, valoriser les
messages clés, sensibiliser les populations et positionner l’événement comme un
rendez-vous continental majeur sur les enjeux de l’eau et de l’assainissement. Le
segment scientifique garantit la crédibilité et la portée intellectuelle du
Congrès. Il repose sur la qualité irréprochable des communications, la rigueur
dans la sélection des contributions et l’intervention d’experts reconnus, afin
de produire des débats structurants et des recommandations opérationnelles
adaptées aux réalités africaines. Enfin, le segment dédié à l’exposition
constitue une vitrine stratégique pour les innovations, technologies et
solutions industrielles, favorisant les échanges, le réseautage et la création
de partenariats concrets entre acteurs publics, privés et financiers du
secteur.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Quels développements envisagez-vous pour ce congrès
dans les prochaines années ?
Dr
Blaise MOUSSA : En ma
qualité de Président en exercice de l’Association Africaine de l’Eau et de
l’Assainissement (AAEA), ma vision pour les développements futurs du Congrès
s’inscrit dans une dynamique de modernisation, d’impact durable et de
continuité au-delà de l’événement. Le Congrès ne doit plus être perçu
uniquement comme un rendez-vous périodique, mais comme une plateforme
permanente de coopération, d’innovation et de décision pour le secteur de l’eau
et de l’assainissement en Afrique. À cet effet, j’envisage une digitalisation
accrue du Congrès, à travers la mise en place de plateformes de networking
virtuel permanentes. Ces outils permettront de prolonger les échanges entre
opérateurs, décideurs, experts, investisseurs et partenaires, de faciliter le
partage de données, de bonnes pratiques et d’opportunités de projets, et de
maintenir une dynamique collaborative continue entre deux éditions. Par
ailleurs, Yaoundé 2026 pourrait constituer le point de départ de la création
d’un Observatoire Africain des Sociétés d’Eau et d’Assainissement, dédié au
suivi de la performance, de la gouvernance, des investissements et de l’innovation
au sein des opérateurs africains. Le secrétariat technique de cet Observatoire
pourrait être issu des résolutions du Congrès de Yaoundé, renforçant ainsi le
rôle de l’AAEA comme acteur structurant, producteur de connaissances et
catalyseur de réformes durables au service de l’ODD 6 en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Après Yaoundé, le même événement se déroulera du 24
au 28 février 2026 à Budapest en Hongrie, pourquoi le choix de ce pays
d'Europe Centrale ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le choix
de Budapest après Yaoundé s’inscrit dans la vision stratégique de l’AAEA visant
à renforcer la valeur ajoutée offerte à ses membres à travers des dispositifs
concrets de transfert de compétences et d’innovation. La Hongrie dispose d’une
expertise reconnue à l’échelle internationale dans la gestion intégrée des
ressources en eau, le traitement de l’eau potable, l’assainissement et la
résilience face aux risques hydriques, appuyée par un écosystème académique,
institutionnel et industriel de haut niveau. Dans cette perspective, Budapest
s’intègre pleinement dans une offre de services aux membres de l’AAEA,
notamment à travers l’organisation de visites de benchmarking ciblées. Ces
missions permettront aux opérateurs africains de découvrir des solutions
éprouvées, des modèles de gouvernance performants et des technologies adaptées,
avec un accent particulier sur leur transférabilité aux contextes africains. Au-delà
de l’événementiel, cette démarche traduit la volonté de l’AAEA de créer des
ponts durables entre l’Afrique et les pôles d’excellence internationaux, de
renforcer les partenariats Sud–Nord et de positionner ses membres au cœur des
dynamiques mondiales d’innovation, d’investissement et de performance dans le
secteur de l’eau et de l’assainissement.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Quelles sont les informations à retenir avant le
jour-j ?
Dr
Blaise MOUSSA : Le
Congrès international et exposition de l’AAEA se tiendra du 9 au 13 février
2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, au Cameroun. Ce lieu emblématique
accueillera l’ensemble des sessions scientifiques, des forums thématiques, des
rencontres institutionnelles ainsi que l’exposition internationale. Les
inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes et se poursuivent en ligne via la
plateforme officielle dédiée : congress.afwasa.org. Les participants sont
invités à s’inscrire dans les meilleurs délais afin de garantir leur
participation, faciliter l’organisation logistique et bénéficier des
différentes opportunités offertes par le Congrès, notamment l’accès aux
sessions, aux espaces de networking et à l’exposition. Ces informations
constituent les éléments essentiels à retenir pour se préparer efficacement au
Jour-J et prendre part à ce rendez-vous continental majeur pour le secteur de
l’eau et de l’assainissement en Afrique.
Le
Courrier d’Afrique 54 : Pour terminer, quels sont vos souhaits pour ce
congrès ?