L'Union européenne déploie un programme de 25 milliards d'euros afin
d'impulser la
transition énergétique dans la région méditerranéenne.
Le 9 juin, l'Union européenne a lancé le programme Trans-Mediterranean
Renewable Energy and Clean Tech Cooperation (T-MED). Ce dispositif ambitionne
de mobiliser jusqu'à 25 milliards d'euros d'investissements d'ici 2035 dans les
énergies renouvelables, l'hydrogène et les technologies propres.
Par :
Youcef MAALLEMI
Inscrit dans le Pacte pour la Méditerranée lancé en novembre 2025, il entend construire un espace énergétique intégré entre les deux rives de la Méditerranée. La Commission européenne et ses partenaires financiers en assureront le pilotage. L'UE propose notamment plus de 5 milliards d'euros de garanties via le Fonds européen pour le développement durable plus (FEDD+), pour stimuler les investissements publics et privés. T-MED s'appuie sur une architecture structurée autour de cinq axes. Le premier mobilise les investissements par une coopération entre les institutions européennes, les banques multilatérales et le secteur privé. Le deuxième soutient les réformes réglementaires dans les pays partenaires pour améliorer le climat des affaires, simplifier les procédures d'autorisation et réduire les obstacles à l'investissement énergétique. Le troisième axe vise à développer les compétences, grâce à des programmes de formation et des partenariats académiques en ingénierie, technologies numériques et finance verte. Le quatrième porte sur les infrastructures : modernisation des réseaux électriques et renforcement des interconnexions transfrontalières. Le cinquième, enfin, soutient la structuration de filières industrielles locales dans les technologies propres. Les projets visent les centrales solaires, les parcs éoliens, la production d'hydrogène par électrolyse et la modernisation des réseaux électriques dans plusieurs pays méditerranéens. À terme, le dispositif entend développer environ 15 GW de capacités renouvelables et créer plus de 100 000 emplois dans les filières associées. L'initiative s'appuie sur un constat structurel lié à l'énergie. La région Moyen-Orient et Afrique du Nord recèle un potentiel en énergies renouvelables estimé à environ 2 300 GW, soit plus du double des capacités installées dans l'Union européenne. Les coûts de production de l'énergie solaire et éolienne y sont aussi inférieurs de 30 à 40 % par rapport à ceux relevés en Europe. Mobiliser 25 milliards d'euros représente une étape majeure, mais atteindre cet objectif exigera d'attirer des capitaux privés sur le long terme et d'engager des réformes structurelles dans les pays partenaires.